Frères et soeurs dans le Christ, nous arrivons à un dimanche qui parle vrai. Pas de mièvrerie spirituelle, mais de ce qui fait peur : le rejet, la moquerie, la persécution. Et Jésus dit trois fois : « N’ayez pas peur » (Mt 10,26.31.28).
Dire la vérité coûte. Jérémie le sait. Il annonce la Parole de Dieu et tout le monde se moque : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer ! » (Jr 20,10). Sa mission le met en danger. Il a envie d’abandonner : « Je ne mentionnerai plus son nom, je ne parlerai plus en son nom » (Jr 20,9). Mais la Parole brûle en lui comme un feu. Il ne peut pas se taire.
C’est pareil pour nous. Vivre en chrétien aujourd’hui, c’est parfois dire des choses qui déplaisent : que la vie vaut plus que le profit, que le pardon vaut mieux que la vengeance, que l’homme n’est pas juste un consommateur. Et tout de suite, on sent la pression : « Reste discret, ne sois pas ringard ! ». Jésus ne promet pas que ce sera facile. Il promet que ça aura un sens.
Notre Dieu voit dans le secret. « Il n’y a rien de caché qui ne sera révélé » (Mt 10,26). On a peur du regard des hommes. On a peur d’être mal jugé, exclu, ridiculisé. Mais Jésus déplace le regard : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps… Craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps » (Mt 10,28). Il ne dit pas que la souffrance n’existe pas. Il dit qu’elle n’a pas le dernier mot. Dieu voit ce que personne ne voit. Il compte même les cheveux de ta tête (Mt 10,30). Tu n’es pas un figurant dans l’histoire. Tu es connu, aimé, précieux à ses yeux.
Quand tu as l’impression de parler dans le vide, quand ta fidélité passe inaperçue, rappelle-toi : rien n’est perdu devant Dieu.
Confesser, c’est être reconnu. « Quiconque me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père » (Mt 10,32). Confesser, ce n’est pas juste réciter le Credo. C’est vivre de telle manière que Jésus apparaisse à travers toi. Ça commence petit : ne pas rire à une blague qui écrase, dire merci, pardonner quand c’est dur, tenir dans la prière quand personne ne regarde. Ce sont ces petites confessions-là qui construisent une vie qui tient. Et l’inverse est vrai aussi : si on rougit de Jésus devant les hommes, on se coupe soi-même de la source. Pas parce que Dieu se venge, mais parce qu’on refuse la vie qu’il propose.
Pour cette semaine, où est-ce que tu as peur de dire ou de vivre ta foi ? Choisis un seul endroit : une conversation, une décision, un silence à rompre. Et dis-toi : « Je ne suis pas seul. Celui qui m’a aimé jusqu’à la croix est avec moi » (Rm 5,8).
Voilà bien l’occasion de dire un grand merci aux jeunes et à toutes les personnes qui ont travaillé dur pour la réussite de la kermesse paroissiale. Bon dimanche à toutes et à tous. Que le Seigneur te donne le courage de vivre au grand jour ce que tu crois au secret de ton coeur. Paix à vous !
Père Augustin, curé de la paroisse
