Les catholiques ont leur mot à dire sur les débats de société qui animent l’actualité nationale. Ce site reprend certains d’entre eux.

L’EGLISE ET LES ABUS SEXUELS

Onze résolutions contre les abus sexuels

Réunis en assemblée plénière du 23 au 26 mars 2021, les évêques de France ont annoncé une série de onze résolutions afin de lutter contre la pédophilie et les abus sexuels au sein de l’Église catholique.
C’est une session dense qu’ont vécu les évêques de France rassemblés en assemblée plénière du 23 au 26 mars. La lutte contre la pédophilie et les abus sexuels au sein de l’Église a occupé une place centrale lors des échanges et réflexions et a donné lieu au vote de onze résolutions couvrant les champs de la responsabilité, la dimension mémorielle, la dimension financière, la prévention, l’accompagnement des auteurs mais aussi les moyens structurels de prise en charge.

Dans le détail, les évêques de France ont acté la création d’un « Conseil pour la prévention et la lutte contre la pédophilie » (C.P.L.J.) ainsi que d’un nouveau Service national chargé de la protection des mineurs, de la lutte contre la pédophilie, de la promotion de la vigilance et de la formation à la relation pastorale. Ces deux organes doivent permettre de faciliter le travail des différentes parties prenantes dans ces dossiers et d’accompagner au mieux les victimes. Les évêques de France ont voté la création d’un tribunal pénal canonique interdiocésain pour la France. Une instance qui sera constituée « à la lumière des normes de procédures pénales du Code de droit canonique et des instructions romaines sur ce sujet ». « Ce conseil est la résolution la plus importante », a souligné le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Éric de Moulins-Beaufort.

Au-delà de l’écoute et la justice qui doit être rendue, les évêques de France se sont aussi penchés sur le versement d’une contribution financière. Pour le moment aucun montant n’a été communiqué. « Il ne s’agit pas d’une indemnisation (décidée par la justice ndlr) ou d’une réparation mais une contribution à la mesure de nos moyens à la reconstruction des victimes », a tenu à préciser Mgr Éric de Moulins-Beaufort. Le Denier de l’Église ne sera pas affecté à cet usage. En revanche, un fonds de dotation spécifique va être constitué pour financer ces mesures.

Parce que la mémoire est une dimension essentielle de l’homme, un lieu mémoriel, en hommage aux personnes victimes d’abus sexuels au sein de l’Église, va être créé. « L’installer à Lourdes a l’avantage que tous les diocèses s’y rendent, que de nombreux étrangers y viennent », a rappelé Mgr Éric de Moulins-Beaufort. Mais les choses ne sont pas encore arrêtées. Chaque diocèse a bien évidemment la possibilité d’installer un mémorial. Une journée de prière pour les personnes victimes de violences et agressions sexuelles a également été décidée. Elle sera désormais célébrée dans les diocèses de France chaque année le troisième dimanche de Carême. Les évêques ont également décidé collégialement d’adresser une lettre aux catholiques sur cette lutte contre la pédophilie afin d’expliquer les mesures décidées et engager l’ensemble du peuple de Dieu dans cette démarche de reconnaissance, de vigilance et de soutien aux personnes victimes.

Source : Aleteia (26/03/21 – Agnès Pinard Legry)

LOI SUR LA BIOETHIQUE

« Que s’ouvrent nos yeux ! » (janvier 2021)

Le projet de loi révisant la loi de bioéthique revient bientôt devant le Sénat, en deuxième lecture. Le Gouvernement voudrait le faire aboutir sans retard. Ce projet de loi entraîne des risques graves pour notre société en bouleversant l’ordre de la filiation humaine, en ouvrant de fait un droit à l’enfant au lieu de défendre les droits de l’enfant, et en organisant sur les embryons humains des recherches qui ne respectent pas leur intégrité et qui n’ont pas pour première visée leur santé, mais plutôt une amélioration des succès de la technique de procréation médicalement assistée.

N’assistons-nous pas à un aveuglement diffus sur la dignité de tout être humain qui vient gratuitement à l’existence et qui doit être accueilli fraternellement ? Les évêques de France, réunis en assemblée plénière, ont souhaité appeler tous les catholiques ainsi que les hommes et femmes de bonne volonté à se tourner vers Dieu en priant et en jeûnant pour Lui demander la grâce de nous ouvrir les yeux à tous et d’être ensemble des artisans du respect de tous les êtres humains dès leur conception.

La Conférence des évêques de France (CEF) publie ce document préparé par son Groupe bioéthique afin d’aider chacun à vivre entre janvier et début février quatre vendredis (15, 22, 29 janvier et 5 février) de jeûne et de prière. Cette démarche spirituelle pourra se vivre chacun chez soi, seul ou en famille, ou, si les normes sanitaires le permettent, en communauté.

LOI CONFORTANT LES PRINCIPES DE LA REPUBLIQUE (SEPARATISME)

3 février 2021

Sans dramatiser ses inquiétudes contre une loi qui ne « va pas empêcher l’Église de vivre », Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF) a exprimé un sentiment : ce projet de loi « confortant le respect des principes de la République », donnerait, au fond, l’impression qu’il faudrait se méfier des « citoyens français croyants » et que les associations cultuelles doivent faire l’objet d’une « surveillance particulière ».
Auditionné par la commission des lois du Sénat mercredi 3 février, l’archevêque de Reims, a fait part, une nouvelle fois, des craintes de l’Église catholique sur ce projet visant à lutter contre le séparatisme. Une loi qu’il juge « essentiellement répressive », et dont l’esprit a évolué selon lui depuis la présentation qui en avait été faite aux responsables des cultes par le président Emmanuel Macron, fin septembre.

Séparatisme : les dangers du projet de loi. — Paroisse Saint-André en  Gavot-Léman

S’il dit comprendre la nécessité pour l’État de combattre certaines menées séparatistes ou encore de contrôler les financements des cultes en provenance de pays étrangers, le président de la CEF ne cache pas ses doutes : « Pour lutter contre une pincée d’islamistes, c’est l’ensemble des citoyens croyants de notre pays qui vont voir l’organisation de leurs églises et confessions alourdie et compliquée ». Il a notamment souligné « l’équilibre » trouvé dans « l’interprétation libérale » de loi de 1905.
Interrogé sur ses remèdes pour lutter alors contre le fanatisme religieux, Mgr Éric de Moulins-Beaufort a défendu la « radicalité de la foi » en citant l’exemple de saint François d’Assise : « Ce n’est pas moins de religion mais plus de vraie religion, plutôt qu’une idée fantasmée entretenue facilement aujourd’hui sur Internet ».
La Croix (3/02/2021)