La semaine dernière, on a voulu piéger Jésus sur la politique : faut-il payer l’impôt ? Cette semaine, on le piège sur la religion. Un docteur de la Loi, un spécialiste, lui demande : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » (Mt 22, 36).
Il y avait 613 commandements dans la Loi juive, répartis en 365 interdictions et 248 obligations. De quoi devenir fou. Alors on demande à Jésus : si tu devais en garder un seul, ce serait lequel ? Et Jésus répond avec une beauté désarmante. Il ne choisit pas un commandement, il en prend deux et il les lie pour toujours : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». Et le second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 37-39). Voilà tout. Tout l’Évangile tient en un mot : AIMER. Mais attention,
Jésus ne nous donne pas deux amours parallèles. Il nous donne un seul amour avec deux visages.
Beaucoup de chrétiens se trompent et coupent cet amour en deux. Il y a ceux qui disent : « Moi j’aime Dieu. Je vais à la messe, je fais mon chapelet, je suis en règle. Mais mon voisin, je ne lui parle pas. L’étranger, ce n’est pas mon problème. Le pauvre, qu’il se débrouille ». C’est ce qui est dit dans le livre de l’Exode avec force : « Tu n’opprimeras pas l’immigré, tu n’exploiteras pas la veuve et l’orphelin » (Ex 22, 20-21). On ne peut pas dire « J’aime Dieu » si on écrase l’homme que Dieu a créé à son image. C’est un mensonge.
Et il y a une autre erreur, très à la mode aujourd’hui : « Moi j’aime les gens. Je suis généreux, solidaire, humanitaire. Mais Dieu, je n’en ai pas besoin. La messe, ce n’est pas pour moi ». On aime le prochain, mais sans la source. C’est comme vouloir arroser un jardin sans le brancher à l’eau. Au bout d’un moment, on s’épuise, on se vide, on devient amer. Parce que l’homme seul ne peut pas aimer toujours.
Jésus dit que les deux sont inséparables : « De ces deux commandements dépend toute la Loi » (Mt 22, 40). Aimer Dieu de tout son cœur : pas à moitié, pas le dimanche matin seulement, tout. C’est-à-dire que Dieu n’est pas une partie de ma vie, Il est le centre. Et aimer son prochain comme soi-même. Cela veut dire : comme tu prends soin de toi, tu prends soin de lui. Tu ne veux pas qu’on te juge ? Ne juge pas. Tu ne veux pas qu’on t’abandonne ? N’abandonne pas.
Cette semaine, je vous propose une série de questions très simples, pour examiner votre journée, le soir : aujourd’hui, qui ai-je aimé ? Ai-je aimé Dieu ? Lui ai-je parlé 5 minutes ? L’ai-je remercié ? Ai-je aimé mon prochain ? Mon mari, ma femme, mes enfants, pas en général mais,
concrètement : un pardon, un service, un sourire ? Si notre réponse est oui, alors nous avons accompli toute la Loi. Nous n’avons pas seulement été de bons chrétiens. Nous avons été heureux. Car au soir de notre vie, nous ne serons jugés que sur l’amour. Belle semaine à toutes et à tous ! Paix à vous !
Père Augustin, curé de la paroisse