Posted by on 11 octobre 2026

Frères et soeurs bien-aimés, dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus raconte une histoire qui nous dérange. Un roi prépare le mariage de son fils. Tout est prêt : le traiteur est payé, la salle est décorée, le vin est frais. Il ne manque plus que les invités. Il envoie ses serviteurs. Et personne ne vient. Saint Matthieu dit : « Ils n’en tinrent aucun compte » (Mt 22, 5). C’est violent. Ce n’est pas qu’ils ne pouvaient pas. C’est qu’ils n’ont pas voulu. L’un a son champ, l’autre a son commerce. Traduction pour nous : j’ai piscine, j’ai un brunch, j’ai ma sieste, je dois finir mon travail.

Voilà le drame de notre temps. Dieu nous invite à la joie éternelle et nous préférons nos petites affaires urgentes. Nous disons à Dieu : « Plus tard ». Et plus tard devient jamais. Mais le roi ne se fâche pas. Il ouvre plus grand les portes : « Allez aux croisées des chemins, invitez tous ceux que vous trouverez, les bons et les mauvais » (Mt 22, 9). C’est nous ! Nous ne méritions pas d’être invités. Nous sommes les gens de la rue, les blessés, les pécheurs. Dieu nous a fait entrer par pur amour, par notre baptême. La salle est pleine. Quelle miséricorde !

Et puis, coup de théâtre. Le roi entrevoit un homme sans habit de noce. Il le fait jeter dehors. On se dit : c’est dur ! Il a déjà été gentil d’inviter tout le monde, pourquoi exiger un habit ? Parce que, frères et soeurs, on ne vient pas au mariage du fils du roi en tenue de jardinage. On ne vient pas communier au Corps du Christ en gardant la haine dans son coeur. Cet habit de noce, c’est la charité. C’est le coeur converti. Saint Paul dit : « Revêtez le Seigneur Jésus Christ » (Rm 13, 14). Beaucoup viennent à l’église, mais peu revêtent le Christ. On vient à la messe le
dimanche, mais on vit comme des païens le lundi. On communie au Corps du Christ, mais on ne pardonne pas à sa belle-soeur. On chante « Alléluia » mais on critique le voisin.

Dieu nous invite gratuitement, mais il nous demande de nous préparer. Alors aujourd’hui, deux questions pour notre examen de conscience : Est-ce que nous disons encore « oui » à l’invitation de Dieu ? Ou est-ce que nous le faisons passer après notre champ et notre commerce ? Dimanche prochain, où serons-nous ? Dans notre champ ou au banquet ? Quel est notre habit de noce ? Si le roi entrait maintenant et regardait notre coeur, est-ce qu’il verrait un coeur lavé par la confession, parfumé par le pardon, ou un coeur froissé par la rancune ?

Frères et soeurs, le banquet est prêt. Le roi nous attend. Ne disons pas non. Et surtout, venons bien habillés. Venons avec un coeur qui aime.
Paix à vous !

Père Augustin, curé de la paroisse