Posted by on 27 septembre 2026

Frères et soeurs bien-aimés dans le Christ, ce dimanche, Jésus nous raconte une petite histoire de famille qui pourrait se passer chez nous. Un père a deux fils. Il dit au premier : « Va travailler à la vigne ». Le fils répond : « Je ne veux pas » ; et puis, pris de remords, il y va. Le père dit au second : « Va travailler à la vigne ». Celui-ci répond : « Oui, Seigneur, j’y vais ». Et il n’y va pas (Mt 21, 28-30).
Jésus pose la question qui tue : « Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
La réponse est évidente : le premier. Et voilà tout l’évangile de ce dimanche en vue d’une phrase : Dieu préfère un non qui devient oui, qu’un oui qui reste non. Nous sommes tous un peu le deuxième fils ; surtout nous qui venons à la messe tous les dimanches. Nous disons « Oui, Seigneur » à chaque messe : « Oui, je crois », « Oui, je veux t’aimer », « Oui, je veux servir ». C’est beau ; mais après, le lundi, est-ce qu’on va à la vigne ?

La vigne, c’est quoi ? Ce n’est pas d’abord l’Église. La vigne, c’est le monde que Dieu aime : mon couple à aimer mieux, mes enfants à écouter vraiment, mon collègue difficile à pardonner, mon voisin seul à visiter, ma langue à garder quand j’ai envie de critiquer. Beaucoup de chrétiens sont des chrétiens des lèvres, pas de pieds. Le oui est resté dans l’église, il n’est pas allé à la vigne.
À l’inverse, combien de personnes autour de nous ont dit non à Dieu, parfois bruyamment ? Des jeunes qui disent : « La messe, ce n’est pas pour moi » ; des gens blessés par l’Église qui ont claqué la porte, des pécheurs qui vivent loin. Ils ont dit non. Mais dans leur coeur, il y a un remords, une soif, une recherche. Et un jour, ils se lèvent et ils vont à la vigne : par un geste de charité, par un retour discret à la prière. Et Jésus dit : « Ceux-là nous précèdent dans le Royaume » (Mt 21, 32).

Quelle leçon pour nous ? Je vous en propose trois pour cette semaine :
premièrement ne jugeons pas ceux et celles qui disent non aujourd’hui ; Dieu n’a pas fini d’écrire leur histoire. En deuxième lieu, vérifions notre oui. Mon oui de dimanche s’est-il vu cette semaine par un pardon, un service, dix minutes de prière ? En troisième lieu, il n’est jamais trop tard. Comme dit Ezéchiel : « Si le pécheur se détourne, il vivra » (Ez 18, 25). Ton non d’hier peut devenir le oui qui sauve aujourd’hui. Car, à la fin, Dieu ne nous demandera pas : « As-tu dit oui ? » Mais il nous demandera : « Es-tu allé à la vigne ? » Alors allons-y cette semaine, ensemble. Bonne semaine à toutes et à tous ! Paix à vous !

Père Augustin, curé de la paroisse