Posted by on 28 juin 2026

« Celui qui donne à boire un verre d’eau fraîche… ne perdra pas sa récompense » (Mt 10, 42). Chers frères et soeurs dans le Christ, nous passons d’un dimanche sur la persécution à un dimanche sur l’hospitalité. C’est déroutant. Et c’est génial. Parce que Jésus nous dit : la foi ne se vit pas seulement dans les grandes épreuves. Elle se vit dans le verre d’eau donné au bon moment.
L’accueil change une vie. Dans la 1e lecture de ce dimanche, une femme de Sunam accueille le prophète Élisée. Elle ne le connaît pas. Elle voit juste un homme de Dieu qui passe. Alors elle lui prépare une chambre, un repas, une place. Et le résultat : elle reçoit ce qu’elle n’osait plus espérer, un fils. L’Évangile reprend la même logique : « Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé » (Mt 10, 40). Accueillir un prophète, un disciple, un frère fatigué, c’est accueillir Dieu lui-même. Nous croyons souvent que pour servir Dieu il faut faire des choses extraordinaires. Non. Il faut ouvrir sa porte, sa table, son temps. L’hospitalité, c’est le sacrement du quotidien.
Perdre pour trouver. Jésus dit une phrase qui fait mal : « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10, 37). Il ne nous demande pas de haïr notre famille. Il nous demande de mettre l’ordre juste. Dieu d’abord, sinon tout le reste devient idole. Et quand Dieu est à la première place, curieusement, l’amour pour les autres devient plus vrai, plus libre, moins possessif. Saint Paul l’explique : dans le baptême, nous sommes morts pour vivre une vie nouvelle (Rm 6, 4). Perdre sa vie pour le Christ, ce n’est pas se perdre. C’est enfin se trouver.

Le détail qui compte. Et puis il y a cette phrase qui me bouleverse : « Celui qui donne à boire un verre d’eau fraîche à l’un de ces petits… ne perdra pas sa récompense » (Mt 10, 42). Dieu ne
mesure pas comme nous. Il ne regarde pas la taille du don, mais la grandeur du coeur qui le donne. Un verre d’eau. Pas une fondation, pas un miracle. Un geste minuscule, fait à un « petit », au nom du Christ. C’est une bonne nouvelle pour toi et moi qui n’avons pas toujours les moyens de grandes actions. Dieu voit le SMS envoyé à quelqu’un qui va mal. Il voit la vaisselle faite sans qu’on nous le demande. Il voit la patience gardée avec un enfant qui nous teste pour la 10e fois. Rien n’est perdu. Regardons autour de nous : qui a besoin d’être accueilli ? Ce n’est pas forcément une grande visite. C’est peut-être juste un appel, une écoute, une place laissée à table. Faisons-le au nom du Christ. Et laissons Dieu faire le reste. Que le Seigneur nous rende inventifs dans l’accueil et généreux dans les petits gestes.
Paix à vous !
Père Augustin, curé de la paroisse