Dieu ne choisit pas Israël parce qu’il est grand et fort. Il le choisit pour faire un peuple-signe au milieu des nations : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte » (Ex 19, 6). Cela veut dire quoi aujourd’hui ? Nous sommes choisis avant d’avoir mérité. Saint Paul le rappelle : « Alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous » (Rm 5, 8). Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes bons. Il nous rend bons parce qu’il nous aime d’abord.
Dans notre vie personnelle, ça change tout. Nous n’avons pas à courir après la valeur de nous-mêmes. Nous sommes déjà choisis, aimés, rachetés. La sainteté ne commence pas par « Je dois être parfait ». Elle commence par « Je me laisse aimer ».
Nous sommes choisis pour les autres. Être prêtre, ce n’est pas avoir un statut à part, c’est être un pont. Un prêtre offre, intercède et relie. Baptisés, nous sommes tous prêtres, prophètes et rois. Cela veut dire que nous sommes appelés à offrir notre journée, nos peines, nos joies à Dieu, à intercéder, porter les autres dans nos prières, même ceux et celles qui nous énervent et enfin à relier, à être un trait d’union là où il y a division. L’Église n’est pas un club des parfaits. C’est un peuple appelé à montrer au monde que Dieu est proche.
La moisson est abondante. Jésus voit les foules « harassées et prostrées, comme des brebis sans berger » (Mt 9, 36). Et il dit : « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ».
Le problème n’est pas le manque de Dieu. C’est le manque d’ouvriers, des gens qui acceptent d’aller, d’annoncer, de servir sans attendre des experts. Nous n’avons pas besoin de toutes les réponses pour être envoyés. Les 12 apôtres étaient des pêcheurs, des collecteurs d’impôts, des zélotes. Jésus les envoie avec une consigne simple : « Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons » (Mt 10, 8). Aujourd’hui encore il nous envoie ; peut-être pas au bout du monde, peut-être dans notre immeuble, dans notre bureau, dans notre famille.
Pour cette semaine, prenons 2 minutes et demandons : « Seigneur, où m’envoies-tu ? ». Et soyons attentifs à la première personne qui nous vient à l’esprit. C’est peut-être par-là que commence notre mission. Que le Seigneur fasse de nous un peuple qui ose dire : « Me voici, envoie moi ! ».
Bon dimanche ! Bonne kermesse à toutes et à tous ! Paix à vous !
Père Augustin, curé de la paroisse