Aujourd’hui, l’Église met au centre ce qui est au centre : le corps et le sang du Christ. Pas un symbole, pas un souvenir ; mais une présence réelle. Nous avons tous faim : faim de sens, faim de paix, faim d’amour qui dure. Et, souvent, nous essayons de calmer cette faim avec du travail, des écrans, des relations. Ça tient un moment ; puis la faim revient.
Jésus dit : « Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jn 6, 51). Il ne donne pas juste quelque chose. Il se donne lui-même. Dans l’Eucharistie, Dieu ne reste pas à distance. Il entre en nous, littéralement. C’est scandaleux, c’est déroutant, c’est gratuit. Mais c’est ça l’amour : se faire nourriture pour que l’autre vive.
L’Eucharistie refait la communion. Regardons la messe : nous venons de partout, d’âges différents, d’histoires différentes. Et nous recevons le même pain. L’Eucharistie détruit les murs que nous érigeons entre nous. Elle nous rappelle que nous sommes un seul corps.
Saint Paul le dit sans ambages : « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? » (1 Cor 10, 16). On ne peut pas communier au corps du Christ et mépriser son frère ou sa soeur. Si nous recevons le corps du Christ, nous devons apprendre à voir le corps du Christ dans celui ou celle qui est à côté de nous.
L’Eucharistie envoie. On ne vient pas à la messe pour consommer un moment spirituel et rentrer chez soi. L’envoi final le dit : « Allez, dans la paix du Christ ». L’Eucharistie nous
transforme pour que nous devenions à notre tour du pain rompu pour les autres : dans la famille, dans notre travail, dans notre quartier. Si nous communions au corps livré, nous apprenons à livrer un peu de nous-mêmes : du temps, du pardon, de la patience, du service gratuit. Essayons d’appliquer ce principe pour dimanche prochain lors de la kermesse paroissiale…
Pour cette semaine, prenons deux minutes devant le Saint-Sacrement, même en passant. Regardons-le, laissons-le nous regarder. Disons-lui simplement : « Seigneur, je crois que tu es là. Guéris ce qui en moi a faim ; fais de moi du pain pour les autres ». Que notre coeur reconnaisse le Seigneur dans la fraction du pain et qu’il en sorte changé.
Bonne fête du Saint-Sacrement à toutes et à tous.
Paix à vous !
Père Augustin, curé de la paroisse.